10.27.2009

Malamalangue?

"Tous et toutes, professeurs, citoyens
Animateurs de Musique Plus et politiciens
Je nous accuse au tribunal de la conscience
D'avoir immolé le francais sur l'autel de l'indifférence
Malgré que le combat soit perdu d'avance
Meme en France Nous défendons notre patrie contre l'anglosphyxie

[...]

Notre syntaxe est en voie d'extinction
Minée Contaminée Déterminée
Par Shakespeare et ses sbires
Y' a pas d'quoi rire
 

- Loco Locass


L'anglais est partout. C'est une réalité.

Quand je dis partout, je veux autant dire partout dans le monde que partout dans la vie quotidienne.

À l'école, sur les aliments, mais particulièrement sur Internet.

Bientôt, les noms de domaines ne seront plus obligatoirement en caractères romains. Et j'ai de la difficulté à cercler mon opinion là-dessus. Enfin, pas vraiment sur cet article-là, parce que ça me fait pas grand chose que les russes, les chinois et autres puissent écrire des adresses dans leur alphabet.

Ce qui me tracasse, c'est que j'aime beaucoup le français, langue magnifique, riche, parfaite pour la poésie et la littérature, qui rend la communication facile et fluide, agréable à parler et à écouter, à écrire et à lire à cause de ses mots qui sonnent bien à l'oreille et sa grammaire complexe mais efficace, qui fait que tout semble fitter dans une phrase... Okay, c'est pas très clair, mais vous essayerez d'expliquer pourquoi une langue est belle, vous!

N'empêche que jusque là, pas de problème.

Mais l'anglais?

L'anglais est beaucoup plus simple, il est agréable à parler, à écouter et autres pour de toutes autres raisons que le français. Mais je vais le répéter: avant tout, il est simple. Facile à apprendre et à utiliser. Prenez-en conscience tout de suite, c'est important pour la suite.

PARENTHÈSE: Mon vrai problème, qui complique énormément ma réflexion sur le sujet que j'aborde dans les prochains paragraphe, c'est que je me rends compte que je défends farouchement ma langue maternelle, le français, et j'apprécie énormément mon identité de québecois ainsi que ma citoyenneté française. Mais en même temps, je suis heureux de parler anglais, je me dis ouvertement bilingue (ouais, bilingue et bisexuel de suite, ça sonne bien) et j'utilise ma seconde langue dès que je le peux. Je lis en anglais, j'écoute la télé en anglais, j'écoute mes films en anglais... Donc voilà. Impossible de trancher entre le français et l'anglais, entre Shakespeare et Molière.

On ne peut pas le nier, l'anglais est en voie de devenir la langue internationale par excellence. En fait ça l'est déjà, mais pas officiellement.

Ça se répercute sur le Net. Quand j'effectue des recherches, je le fais automatiquement, inconsciemment, en anglais. Tout le temps. Les meilleurs sites d'actualité internationale sont en anglais. Et ainsi de suite.

Et j'en viens à me demander, l'Internet, en tant qu'outil, ne serait-il pas plus pratique si on y instaurait l'anglais comme langue officielle?

Je sais, c'est un peu bizarre, comme suggestion. En fait, je n'ai pensé à ça que tout à l'heure et j'esquisse les contours de mes idées au fil des mots que j'écris présentement. Je me surprends moi-même. Parce que je prône d'ordinaire la multiethnicité, je donne ma bénédiction à la mondialisation...

Pourtant, plus j'y pense, plus je me dis qu'un internet uniquement en anglais aurait plus d'avantages que de défauts. Entre autres parce que les internautes qui ne font, dans la situation actuelle, que réécrire des pages dans d'autres langues que l'anglais, pourraient ainsi mobiliser leurs connaissances pour écrire de nouvelle pages sur de nouveaux sujets.

Le nombre de sujets couverts augmenterait exponentiellement, non?

En même temps, l'aspect multiculturel d'Internet en fait ce qu'il est, donc forcer les internautes à n'utiliser qu'une langue serait un peu comme essayer de sauver la forêt Amazonienne tout en coupant tous les arbres n'appartenant pas à une espèce précise.

Je n'ai jamais vécu de débat intérieur du genre avant. C'est fascinant, vraiment.
Je le souhaite à tous. C'est une expérience très, très spéciale que de réellement débattre avec soi-même pour se faire une opinion. Et hautement enrichissante, je crois.

2 commentaires:

  1. Guillaume, ne sais-tu pas qu'en 2010 les analystes et scientifiques ont prévu que la quantité d'information dans le monde *doublerait* à chaque 72 heures?

    «Entre autres parce que les internautes qui ne font, dans la situation actuelle, que réécrire des pages dans d'autres langues que l'anglais, pourraient ainsi mobiliser leurs connaissances pour écrire de nouvelle pages sur de nouveaux sujets.» ne marche pas, pas du tout en fait! ;-)

    J'avoue avoir moi aussi du trouble à mettre le doigt sur un opinion de la nouvelle : j'en suis à me demander si ce n'est pas tout simplement une non opinion, dans mon cas.

    Je vais bientôt (c'est à dire que ça fait 2 mois que je veux le faire) écrire de quoi justement sur la démocratisation du Web... c'est lié, tout ça :-)

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  2. Non, je n'étais pas au courant.
    En même temps, avec tout ce qui se passe dans le monde, il est tout à fait normal que la quantité d'information augmente aussi rapidement. Et après tout, "information" est un mot qui englobe beaucoup de choses.

    Ah non? Tu crois que ça n'est pas, en théorie, possible?

    Et oui, j'arrive aussi à une conclusion inévitable et toute nouvelle: il m'est impossible de me faire une opinion sur le sujet.

    Il me faudrait plus d'information! x)

    Effectivement, c'est directement lié à la démocratisation du web. J'ai bien hâte de lire ce que tu vas écrire là-dessus...

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